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Le vivant

NB : Parler du vivant, ce n’est pas seulement parler de l’homme mais de tout être biologique capable de se reproduire (animaux, plantes..).

 

INTRODUCTION

Le « miracle de la vie, le mystère des origines, a de tout temps fasciné les hommes. Qu’est-ce que la vie ? D’où provient-elle ? Comment se transmet-elle ? A-t-on le droit de vouloir la maîtriser ?

Dans une perspective critique, il nous faudra tout d’abord examiner le mythe du « mystère de la vie » d’un œil critique, aborder la notion de vie avec rationalité, pour déterminer si elle est étudiable scientifiquement, pour lui redonner une dimension objective.

 

Mais faire de la vie un objet , obéissant à des causalités purement mécaniques ne va pas de soi, car si la science décrit des mécanismes, la vie ne saurait être réduite à du mécanique. La vie en tant que telle requiert des méthodes spécifiques, qui doivent répondre à ses spécificités.

 

Le vivant 200px-Genesis_on_egg_cropped

Premier chapitre du Livre de la Genèse, écrit sur un œuf, musée d’Israël à Jérusalem.

 

Sujets:

1)      La machine offre-t-elle un modèle pour penser le vivant ?

2)   La vie peut-elle être objet de science?

2)      Le corps est-il une machine?

3)      Le vivant a-t-il des droits ?

 

 

 

I-                   Le « mystère de la vie »

 

A-    Le « mystère des origines »

Tentatives d’interprétation, curiosité humaine pour le mystère des origines. Dans les mythes, les dieux sont géniteurs, ils engendrent la vie en leur transmettant une part d’eux-mêmes. La vie est d’abord un don des dieux, comme telle elle est sacrée.

Les cosmogonies énoncent les mythes fondateurs dans lesquels les sociétés se reconnaissent. (« oeuf cosmique », etc)

Dans la majorité des cosmogonies traditionnelles, les créateurs sont un ou des dieux anthropomorphes qui génèrent l’Univers et l’Homme par la volonté d’un esprit, par la parole, le geste, le souffle, un membre, des sécrétions… Dans la Genèse, Dieu insuffle la vie à Adam en lui soufflant dans les narines.

 

Selon la Théogonie d’Hésiode, au début était le Chaos, un tout incommensurable au sein duquel les éléments constituant le monde actuel étaient mélangés. Quatre entités s’en séparèrent : Gaïa (la Terre), Éros (le Désir amoureux vu comme force créatrice primordiale), Érèbe (les Ténèbres des Enfers) et Nyx (la Nuit). Gaïa engendra Ouranos (le Ciel), le premier principe fécondateur mâle (pour les Anciens, le Ciel fécondait la Terre par ses pluies, comparables à une semence), et de leurs étreintes naquirent les Titans, dont Cronos, les trois Cyclopes et les Hécatonchires (géants à cent bras).

Selon la tradition orphique, l’eau et des éléments formèrent spontanément la terre, d’où un Chronos monstrueux surgit, lequel créa l’Éther, l’Érèbe et le Chaos, puis engendra un œuf d’où naquit Éros, qui donna à son tour naissance à la Lune et au Soleil puis à la Nuit, avec qui il conçut Ouranos et Gaïa.

 

Mythes qui renvoient peut-être à la « scène primitive »  telle que Freud l’a décrite : questionnement et trouble de l’enfant par rapport aux relations sexuelles qui existent entre ses parents, relations d’où il est issu mais dont il est exclu et qu’il a besoin de comprendre.

 

B- Le vitalisme préscientifique

Bien que le terme précis de vitalisme n’ait fait son apparition qu’au xviiie siècle, le premier vitaliste de la pensée occidentale fut sans aucun doute Aristote, qui cherche, dans son traité De anima une définition de l’âme. La philosophie d’Aristote identifie l’âme au « principe moteur » des êtres vivants. Bien que simple, cette âme peut être divisée en parties : végétative (génération, alimentation, croissance), sensitive (sensation, mouvement), et intellective (pensée). Puisque l’âme n’est pas assimilée strictement à l’activité de penser chez Aristote, la distinction entre vitalisme et animisme n’a pas encore de sens et l’âme comme « premier moteur » apparaît bien comme la première hypothèse vitaliste, en dépit de son caractère pré-scientifique. Le principe vital joue ici un rôle explicatif quant aux phénomènes de la vie.

La lecture d’Aristote et de Platon confère donc au vitalisme sa double-dimension : le principal vital est à la fois l’ordonnateur de la vie et sa cause première.

Le vivant est un organisme ordonné à la fois selon des lois causales et des fins. Chaque être vivant possède en lui-même sa puissance de développement : le vivant croît de lui-même.

 

II-                Une approche objective mais réductionniste

Le modèle mécaniste

Le vivant est-il un mécanisme ?

En quoi la machine offre-t-elle un modèle pour penser le vivant ?

 

Descartes est le père de la biologie mécaniste conçue en termes de rapports de causalité efficiente. Pour lui les animaux sont de simples machines, des systèmes de causalité efficiente seulement, et non pas des êtres mus par une cause finale. Leur structure est comparable à celle des poulies et autres leviers qui composent les machines : leur agencement est descriptible de manière purement physique, sans qu’il soit nécessaire de supposer de principe intelligible supérieur.

Déterminante du point de vue du progrès des sciences cette théorie a séduit tous les philosophes qui s’opposaient à l’enseignement du dogme aristotélicien dans les écoles du moyen-âge.

Les cris que pousse un chien battu ont une explication simplement mécanique, les coups de bâton provoquant un ébranlement nerveux, et provoquant le remplissage des poumons et l’expiration de l’air qui fait vibrer les cordes vocales: de la même façon, une bouilloire siffle, sans qu’elle souffre de la chaleur de l’eau bouillante.

 

Les sciences se sont constituées sur le modèle objectivant de la physique, et la biologie elle-même s’y est pliée.

Les approches scientifiques vont même aller jusqu’à éliminer purement et simplement de leur vocabulaire le mot « vie ».

Par exemple, Claude Bernard, dans la première des Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux (1878), déclare explicitement que l’on n’a pas à se soucier de la notion de vie, car la biologie doit être une science expérimentale et n’a donc pas à donner une définition de la vie.

De fait, certains biologistes en viennent à déclarer que « la vie n’existe pas ! », car elle ne serait qu’un processus physico-chimique comme tous les autres.

 

 

Ces conceptions sont très utiles pour la recherche car elles permettent de ne pas s’arrêter sur des questions de définitions, mais elles réduisent l’étude de la vie à l’étude de la matière dont sont constitués les êtres vivants. Or un être vivant n’est pas un corps mort, il a des comportements, des sensations, des « intentions », des projets. Les êtres vivants ne sont pas des choses.

La pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l’objectivité de la Nature. C’est-à-dire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance « vraie » toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c’est-à-dire de « projet ».

Le problème de la biologie est de comprendre comment, à partir d’un univers qui, par postulat de base, est dépourvu de projet, arrivent à se constituer des êtres qui ont un projet.

 » Entretien avec Jacques Monod « . Cahiers CISTRE 4, Lausanne, L’Age d’Homme, 1978, p. 24

 

 

III-             Spécificité du vivant

Certains scientifiques vont se rapprocher un peu du vitalisme: la vie n’est pas un mécanisme, c’est une fonction.

Selon Bichat: « la vie c’est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ».

Bichat s’oppose à l’emprunt en physiologie de concepts provenant de la physique ou de la chimie, il affirme l’irréductibilité des lois de la vie aux lois des êtres purement matériels.

Ce dont Kant avait déjà eu l’intuition…

 

 

A-    Le vivant est un organisme

La force vitale qui organise les organismes et les « répare » n’est pas réductible à la force motrice ou mécanique qui fait se mouvoir des machines.

 

Dans une montre une partie est l’instrument du mouvement des autres, mais un rouage n’est pas la cause […]  de la production d’un autre rouage ; certes une partie existe pour une autre, mais ce n’est pas par cette autre partie qu’elle existe. C’est pourquoi la cause productrice de celles-ci et de leur forme n’est pas contenue dans la nature (de cette matière), mais en dehors d’elle dans un être, qui d’après des Idées peut réaliser un tout possible par sa causalité.

      C’est pourquoi aussi dans une montre un rouage ne peut en produire un autre et encore moins une montre d’autres montres, en sorte qu’à cet effet elle utiliserait (elle organiserait) d’autres matières ; c’est pourquoi elle ne remplace pas d’elle-même les parties, qui lui ont été ôtées, ni ne corrige leurs défauts dans la première formation par l’intervention des autres parties, ou se répare elle-même, lorsqu’elle est déréglée: or tout cela nous pouvons en revanche l’attendre de la nature organisée. – Ainsi un être organisé n’est pas simplement machine, car la machine possède uniquement une force motrice ; mais l’être organisé possède en soi une force formatrice qu’il communique aux matériaux, qui ne la possèdent pas (il les organise) : il s’agit ainsi d’une force formatrice qui se propage et qui ne peut pas être expliquée par la seule faculté de mouvoir (le mécanisme). [...]

      Dans la nature les êtres organisés sont ainsi les seuls, qui, lorsqu’on les considère en eux-mêmes et sans rapport à d’autres choses, doivent être pensés comme possibles seulement en tant que fins de la nature et ce sont ces êtres qui procurent tout d’abord une réalité objective au concept d’une fin qui n’est pas une fin pratique, mais une fin de la nature, et qui, ce faisant, donnent à la science de la nature le fondement d’une téléologie, c’est-à-dire une manière de juger ses objets d’après un principe particulier, que l’on ne serait autrement pas du tout autorisé à introduire dans cette science (parce que l’on ne peut nullement apercevoir a priori la possibilité d’une telle forme de causalité).

KANT- Critique de la faculté de juger, §. 65

 

La solution que propose Kant au conflit entre ces deux doctrines est la suivante :

  • penser l’animal comme organisé en vue d’une fin, car on ne peut pas le comprendre autrement ;
  • connaître l’animal seulement en tant que produit du mécanisme, car la finalité n’est pas un concept issu de l’expérience.

On constate donc au passage que la science s’occupe de connaître des déterminismes, mais elle ne rend pas compte de tous les aspects de l’être pour autant.

 

B-    Les êtres vivants évoluent selon le hasard et le temps

Un concept-clé: l’évolution.

Le monde vivant a une origine commune et obéit aux lois de la physique et de la chimie. Mais alors que les lois naturelles ne varient pas, les êtres qui lui sont soumis varient sous l’effet du hasard et du temps. L’évolution est le résultat de la conjugaison du ces deux facteurs.

 

NB: La science a une histoire, et l’on doit ici retracer le cheminement qui conduit d’une conception préscientifique à la notion d’évolution au sens darwinien.

Question de la génération spontanée :

Franscesco Rédi fait l’expérience qui invalide l’idée de la génération spontanée : deux bocaux avec de la viande, l’un fermé hermétiquement, etc.

Le microscope révèle l’organisation invisible de la matière.

Maupertuis, Bonnet, Robinet

Théorie de l’emboîtement des germes : Dieu a mis toutes les créatures dans le premier germe, donc l’évolution se déroule dans le temps mais le temps n’ajoute rien ; reprise de l’idée par l’intelligent design : un seul miracle, une seule création.

L’originalité de Diderot

Diderot jeune est très croyant.

Dans la Lettre sur les aveugles, 3ème partie, met en scène la mort du mathématicien aveugle Saunderson.

« Je vois un temps infini de l’univers, de la matière en fermentation comme dans la fiole de Needham ».

Discours philosophique compatible avec le darwinisme, seule conception non finalisée de la création de la vie.

Le transformisme de Lamarck

Le transformisme est l’une des premières théories scientifiques de l’évolution de la vie mais, selon elle, cette évolution s’est opérée sous l’influence du seul milieu extérieur (ex : c’est parce que les girafes devaient attraper les feuilles en hauteur, qu’elles ont développé le caractère « avoir un long cou »). Lamarck est sur le plan scientifique le grand représentant du transformisme. Le transformisme qui affirme que les caractères héréditaires sont acquis et non pas innés s’est trouvé dépassé au dix-neuvième siècle par la théorie évolutionniste.

Remarque: Des développements plus récents semblent aujourd’hui redonner une certaine place à la transmission génétique des caractères acquis (épigénèse)

L’évolutionnisme de Darwin

Elaborée dans sa version scientifique au dix-neuvième siècle par Charles Darwin, l’évolutionnisme est la théorie qui affirme que les vivants ont une histoire qui peut être décrite à partir des concepts d’adaptation, de mutation et de lutte pour la vie ( le fameux  » struggle for life « ). C’est la lutte pour la vie et le  » combat entre les espèces  » qui en résulte qui rend raison de l’équilibre d’un écosystème et permet à différents groupes de population de survivre dans un même lieu géographique sans que les ressources nutritives viennent à manquer.

Seules survivent de plus selon Darwin les espèces qui ont un potentiel d’adaptation important que les hasards des mutations viennent enrichir.

 

 

Si les hasards seuls expliquent l’évolution des espèces, on évacue toute visée « finaliste » de l’étude du vivant : l’évolution n’a pas de but, elle résulte de la conjonction de facteurs hétérogènes.

Mais si l’évolution n’a pas de finalité, et ne correspond à aucun « dessin intelligent », il reste que les êtres vivants, certes apparus sans nécessité et par hasard, ont bel et bien un « but », celui de survivre et de perpétuer leur espèce…

Remarque : On ne peut comprendre le vivant sans intégrer cette lutte pour la survie qui le caractérise essentiellement. Cette lutte est bien de l’ordre de l’intention, elle donne un but et un sens au comportement de l’être vivant.

 

C-    Etudier le vivant, c’est étudier des fonctions et des comportements

L’interaction avec le milieu

L’idée que tout être vivant dérive d’une cellule préexistante date d’à peine plus d’un siècle. A partir des observations faites au microscope au XVIIe.

L’être vivant est en interaction constante avec un milieu hors duquel son fonctionnement devient inintelligible.

L’organisme vivant est en interaction constante avec son milieu, il le modifie et il est modifié par lui.

 

C’est pourquoi de nouvelles disciplines visant à étudier les êtres vivants en les resituant au sein des interactions avec leur semblables, avec les autres espèces, avec leur milieu naturel ont vu le jour : L’éthologie ; l’écologie

En laboratoire, on n’étudie pas le vivant en tant que tel : on n’étudie qu’un corps mort ou séparé de son milieu vital au point de le dénaturer.

La prise en compte de la sensibilité et de la souffrance des animaux.

 

D-    Spécificité de l’être humain : est-il un vivant comme les autres ?

Qu’est-ce qu’un être humain ?

Comment « sauver » à la fois l’absence de finalisme, et l’idée d’une rupture par rapport à la sélection naturelle concernant l’être humain ? Comment ne pas tomber de Karybe en Scyla, du créationnisme au nazisme ?

Ce qui se passe pour l’être humain : la bipédie : libère les membres avant et la bouche pour la parole, là est la rupture.

Geste + parole

Autre conséquence de la bipédie : seuls les prématurés survivent, car sinon crâne trop large pour bassin trop étroit à cause de la bipédie.  Donc matière cérébrale pas achevée à la naissance

Etre humain : potentialité d’apprentissage  accrue, culture

Jacquard : à la naissance, nous sommes candidats à l’humanité.

 

CONCLUSION :

Il s’agira de comprendre le vivant en tant que vivant, sans le réduire à un simple mécanisme, mais sans pour autant faire intervenir de notions métaphysiques dans la recherche.

La science de l’évolution pose les bases rigoureuses d’une approche scientifique de l’étude des espèces. L’éthologie étudie non plus la simple anatomie du corps mort, mais le comportement de l’être vivant en tant qu’il est sensible et capable de spontanéité et d’autonomie.

Les théories de l’évolution, si elles n’entrent pas en contradiction avec le mécanisme, donnent cependant à la biologie une dimension supplémentaire. Elles introduisent les notions de temps et d’histoire dans l’étude des êtres vivants. Elles rompent aussi bien avec les théories finalistes qu’avec les théories vitalistes. Elles inaugurent une conception à la fois matérielle et dynamique du vivant

 

IV-             Statut juridique et problèmes éthiques

A-    L’idée d’un droit des êtres vivants

Etude critique de document:

Déclaration universelle des droits de l’animal

Que penser de l’emploi des mots « droit », « génocide », « atteinte à la Nature », « crime contre la vie » ?

Si les animaux ont un système nerveux, ce ne sont donc pas « des bouilloires qui sifflent ». Dès lors notre souffrance est équivalente à la leur, même s’ils n’en ont pas conscience au sens où nous employons ce mot pour désigner la distanciation humaine qui la caractérise.

FICHE : Déclaration universelle des droits de l’animal (extrait)

PRÉAMBULE:

Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces,

Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d’un système nerveux possède des droits particuliers,

Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l’homme à commettre des crimes envers les animaux,

Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l’espèce humaine du droit à l’existence des autres espèces animales,

Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux,

IL EST PROCLAME CE QUI SUIT :

Article premier

Tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques. Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus.

Article 2

Toute vie animale a droit au respect.

Article 3

1- Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.

2- Si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse.

3- L’animal mort doit être traité avec décence.

Article 4

1- L’animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s’y reproduire.

2- La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l’animal sauvage à d’autres fins que vitales, sont contraires à ce droit.

Article 5

1- L’animal que l’homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.

2- Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée.

3- Toutes les formes d’élevage et d’utilisation de l’animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l’espèce.

4- Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.

Article 6

1- L’expérimentation sur l’animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l’animal.

2- Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.

Article 7

Tout acte impliquant sans nécessité la mort d’un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.

Article 8

1- Tout acte compromettant la survie d’une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c’est à dire un crime contre l’espèce.

2- Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides.

Article 9

1- La personnalité juridique de l’animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.

2- La défense et la sauvegarde de l’animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.

Article 10

L’éducation et l’instruction publique doivent conduire l’homme, dès son enfance, à observer, à comprendre, et à respecter les animaux.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Animal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l’Unesco. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l’Animal en 1989, a été rendu public en 1990.


 

B- Confusion: Prendre la « nature » pour modèle politique

Dangers : mettre une théorie scientifique au service d’une idéologie.

Ne pas distinguer ce qui est « naturel » et ce qui est humain. Vouloir « rétablir » l’ordre de la nature.

Transformer les lois de la nature en lois politiques. Confusions terribles si l’on admet que la nature possède des droits (un droit dérive du statut de personne, de citoyen, de l’appartenance à un Etat,  et de rien d’autre).

Voici par exemple un extrait de L’homme cet inconnu, d’un théoricien de l’eugénisme ayant inspiré les nazis, Alexis Carel:

« César, Napoléon, Mussolini, tous les grands conducteurs de peuples, grandissent au-delà de la stature humaine, et enveloppent de leur volonté et de leurs idées des foules innombrables »,

« Il est nécessaire de faire un choix parmi la foule des hommes civilisés. Nous savons que la sélection naturelle n’a pas joué son rôle depuis longtemps. Que beaucoup d’individus ont été conservés grâce aux efforts de l’hygiène et de la médecine. Que leur multiplication a été nuisible à la race ».

L’avant dernier chapitre, écrit en 1935, prône la révolution par la suppression du prolétariat. Il est intitulé « Le développement de la personnalité »:

« Le conditionnement des criminels les moins dangereux par le fouet, ou par quelque autre moyen plus scientifique, suivi d’un court séjour à l’hôpital suffirait probablement à assurer l’ordre. Quant aux autres, ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, une établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique. Le même traitement ne serait-il pas applicable aux fous qui ont commis des actes criminels? Il ne faut pas hésiter à ordonner la société moderne par rapport à l’individu sain ».

 

L’eugénisme (wikipedia)

Eugénisme

L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à transformer le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’« enfant parfait », ou du moins indemne de nombreuses affections graves1.

Le terme eugenics a été employé pour la première fois en 1883 par le scientifique britannique Francis Galton dont les travaux ont grandement participé à la constitution et à la diffusion de l’idéologie eugéniste. Mené par des scientifiques et des médecins, le mouvement de promotion de l’eugénisme qui se met en place au tournant du xxe siècle milite en faveur de politiques volontaristes d’éradication des caractères jugés handicapants ou de favorisation des caractères jugés bénéfiques. Son influence sur la législation s’est traduite principalement dans trois domaines : la mise en place de programmes de stérilisations contraintes, le durcissement de l’encadrement juridique du mariage et la restriction de l’immigration. L’histoire du xxe siècle a fourni des exemples de politiques eugéniques, aux États-Unis et dans de nombreux pays européens (au premier chef desquels l’Allemagne nazie), désormais majoritairement désapprouvées.

Dans la période contemporaine, les progrès du génie génétique et le développement des techniques de procréation médicale assistée ont ouvert de nouvelles possibilités médicales (diagnostic prénataldiagnostic préimplantatoire…) qui ont nourri les débats éthiques concernant la convergence des techniques bio-médicales et des pratiques sélectives.

 

C-     Doit-on le respect au vivant ?

Le respect est une notion morale.

« Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine1, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité. »

Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique.

 

Mais les inclinations mêmes, comme sources du besoin, ont si peu une valeur absolue qui leur donne le droit d’être désirées pour elles-mêmes, que, bien plutôt, en être pleinement affranchi doit être le souhait universel de tout être raisonnable. Ainsi la valeur de tous les objets à acquérir par notre action est toujours conditionnelle. Les êtres dont l’existence dépend, à vrai dire, non pas de notre volonté, mais de la nature, n’ont cependant, quand ce sont des êtres dépourvus de raison, qu’une valeur relative, celle de moyens, et voilà pourquoi on les nomme des choses ; au contraire, les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi, c’est-à-dire comme quelque chose qui ne peut pas être employé simplement comme moyen, quelque chose qui par suite limite d’autant toute faculté d’agir comme bon nous semble (et qui est un objet de respect).

KANT- Fondements de la Métaphysique des moeurs, Deuxième section

 

Tout homme a le droit de prétendre au respect de ses semblables et réciproquement il est obligé au respect envers chacun d’entre eux.
L’humanité elle-même est une dignité ; en effet l’homme ne peut jamais être utilisé simplement comme moyen par aucun homme (ni par un autre, ni même par lui-même), mais toujours en même temps aussi comme une fin, et c’est en ceci précisément que consiste sa dignité (la personnalité), grâce à laquelle il s’élève au-dessus des autres êtres du monde, qui ne sont point des hommes et peuvent lui servir d’instruments, c’est-à-dire au-dessus de toutes les choses. Tout de même qu’il ne peut s’aliéner lui-même pour aucun prix (ce qui contredirait le devoir de l’estime de soi), de même il ne peut agir contrairement à la nécessaire estime de soi que d’autres se portent à eux-mêmes en tant qu’hommes, c’est-à-dire qu’il est obligé de reconnaître pratiquement la dignité de l’humanité en tout autre homme, et par conséquent sur lui repose un devoir qui se rapporte au respect qui doit être témoigné à tout autre homme>>.
KANT

Selon Kant, le respect n’est dû qu’à l’homme en tant qu’être conscient. Cette définition est-elle trop restrictive ? Sur quelle base peut-on l’étendre au vivant dans son ensemble ? La notion de milieu, de biosphère ? L’interdépendance entre les êtres vivants ?

Revoir les principes posés par Hans Jonas en extension de la morale kantienne:

On doit respecter aussi les conditions de vie futures des humains sur Terre, donc préserver - si ce n’est respecter au sens moral – cet environnement qui seul permettra une vie proprement humaine pour les générations futures.

 

 

FICHE  : JACQUES MONOD

Le problème de la biologie est de comprendre comment, à partir d’un univers qui, par postulat de base, est dépourvu de projet, arrivent à se constituer des êtres qui ont un projet.

( » Entretien avec Jacques Monod « . Cahiers CISTRE 4, Lausanne, L’Age d’Homme, 1978, p. 24)

 La caractéristique unique, universelle et essentielle des êtres vivants est la possibilité de conserver la structure chimique (ADN) au sein de laquelle est écrit le code génétique.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 144)

 

L’évolution n’est pas une tendance inhérente aux êtres vivants. Bien au contraire, toute leur structure est intensément conservatrice, réussissant surtout à résister à tout changement.

(Pour une éthique de la connaissance. Paris, La Découverte, 1988, p. 144)

L’évolution, l’émergence de structures complexes à partir de formes plus simples, est donc la conséquence des imperfections mêmes du système conservateur de structures que représente une cellule.

Et l’on peut dire que les mêmes événements fortuits qui, dans un système non-vivant, entraîneraient, par leur accumulation, la disparition de toute structure, aboutissent dans la biosphère, à la création de structures nouvelles et de complexité croissante.

(idem, p. 157)

 

L’invariance précède nécessairement la téléonomie. Ou, pour être plus explicite, l’idée darwinienne que l’apparition, l’évolution, le raffinement progressif de structures de plus en plus intensément téléonomiques sont dus à des perturbations survenant dans une structure possédant déjà la propriété d’invariance, capable par conséquent de « conserver le hasard » et par là d’en soumettre les effets au jeu de la sélection naturelle.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 37)

 

Toutes les autres conceptions qui ont été explicitement proposées pour rendre compte de l’étrangeté des êtres vivants, ou qui sont implicitement enveloppées par des idéologies religieuses comme par la plupart des grands systèmes philosophiques, supposent l’hypothèse inverse : à savoir que l’invariance est protégée, l’ontogénie guidée, l’évolution orientée par un principe téléonomique initial, dont tous les phénomènes seraient des manifestations.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 38)

 

La pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l’objectivité de la Nature. C’est-à-dire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance « vraie » toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c’est-à-dire de « projet ».

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 32)

Le postulat d’objectivité est consubstantiel à la science, il a guidé tout son prodigieux développement depuis trois siècles. Il est impossible de s’en défaire, fût-ce provisoirement, ou dans un domaine limité, sans sortir de celui de la science elle-même.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 33)

L’objectivité cependant nous oblige à reconnaître le caractère téléonomique des êtres vivants, à admettre que dans leurs structures et performances, ils réalisent et poursuivent un projet.

(Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 33)

 

 

 

 

 

 

 

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